Voeu des Groupes IES et UGES pour un renforcement de la sécurité civile et la protection des sapeurs-pompiers face aux risques d’incendie

protection des sapeurs-pompiers face aux risques
d’incendie
« Nous avons atteint un point de rupture. » Ces mots sont ceux du président de Départements de France, François Sauvadet. Cet été, quatre sapeurs-pompiers ont perdu la vie dans l’exercice de leurs missions. Près de 98 000 hectares de végétation ont brûlé. Des centaines de milliers de personnes ont été évacuées. Des centaines d’habitations ont été détruites.
Pendant que les risques augmentent, les moyens s’érodent. En vingt ans, plus de 1 000 camions-citernes feux de forêts ont disparu des effectifs nationaux.
Les organisations syndicales du SDIS de l’Isère se sont réunies en une intersyndicale inédite. Comme sur tout le territoire français, elles alertent sur une situation devenue « intenable ». Elles l’attribuent à « décennies de sous-investissement » et à un « désengagement progressif de l’État envers la sécurité civile ». Elles évaluent les besoins isérois à 150 sapeurs-pompiers professionnels et 50 personnels administratifs, techniques et spécialisés (PATS).
Le ministre de l’Intérieur a annoncé le 2 octobre une programmation pluriannuelle d’un milliard d’euros sur cinq ans pour les SDIS. La première tranche, de 150 millions d’euros, provient d’un relèvement de la taxe spéciale sur les conventions d’assurance (TSCA). Ce relèvement figure dans le projet de loi de finances pour 2027.
Cette « rallonge » est très insuffisante. Départements de France (ADF) a dénoncé une « opération de communication ». Elle est largement contrecarrée par l’effort supplémentaire de 1,2 milliard d’euros demandé aux départements. Les départements assurent pourtant 60 % du financement des SDIS. Départements de France appelle à un véritable « changement d’échelle de la politique nationale de sécurité civile ».
Un changement d’échelle nécessaire
Ce changement d’échelle est d’autant plus nécessaire que le dérèglement climatique transforme durablement le risque d’incendie. Le troisième plan national d’adaptation au changement climatique prépare la France à un monde à +4 °C. Le risque d’incendie va donc continuer de croître.
Le SDIS de l’Isère assure la couverture opérationnelle de ses propres territoires. Il a aussi fourni cet été un soutien conséquent aux départements qui ont eu besoin de renforts. Cette coopération interdépartementale a longtemps permis de faire face aux grands incendies ou catastrophes naturelles. Mais aujourd’hui, le modèle craque de partout.
Devant les pompiers, François Sauvadet a appelé à « un changement d’échelle de la politique nationale de Sécurité civile, après un été 2026 marqué par des incendies d’une ampleur et d’une durée inédites ». Il a déclaré dans un communiqué du 3 octobre : « Garder la copie initiale du budget avec les ponctions faites aux Départements, sans prendre en compte les enjeux de Sécurité civile, c’est faire courir un risque à la France. Pas simplement un risque pour les présidentielles, mais c’est un risque durable pour la France parce que les Français ne nous pardonneront pas que l’on leur réponde que nous n’avons pas les moyens de les accompagner au quotidien. »
Ce que demande le Département
En conséquence, le Département de l’Isère :
Demande que les parlementaires de l’Isère se saisissent de ces sujets. Ils doivent intervenir auprès du Gouvernement afin que des réponses rapides, ambitieuses et mesurables soient apportées.
Demande l’examen dans les meilleurs délais, puis l’adoption, du projet de loi de modernisation et de programmation de la sécurité civile. Ce texte doit renforcer les effectifs, mieux prendre en compte la pénibilité des métiers et revaloriser le statut des personnels. Il doit aussi améliorer la protection de leur santé face aux risques professionnels. Il doit enfin renforcer les équipements de lutte contre les incendies ;
Demande, dans le cadre de la loi de finances 2027, un financement à la hauteur des besoins des SDIS. L’intersyndicale les estime à 2 milliards d’euros. Ce financement doit être plus juste et durable. Il doit assurer une meilleure répartition des ressources entre les territoires. Il doit aussi associer les assureurs à hauteur de la valeur des biens sauvés ;
Demande à long terme de nouveaux soutiens financiers de l’État aux SDIS. Ceux-ci assurent près de 98 % des missions de sécurité civile. Le Département demande aussi la fin du transfert systématique de charges vers les collectivités territoriales et les contribuables locaux, sans compensation adaptée ;
Demande que la lutte contre les incendies soit inscrite au cœur de la stratégie nationale d’adaptation au changement climatique. Cela suppose une gouvernance renforcée entre l’État, les collectivités, l’Office national des forêts, Météo-France et les services d’incendie et de secours. Cela suppose aussi la révision des plans communaux de sauvegarde et de leur zonage des risques. Il faut enfin appliquer effectivement les obligations légales de débroussaillement. L’État doit soutenir le déploiement des réserves communales de sécurité civile dans les territoires exposés ;
