
Lors de la séance publique du 27 mars 2026, Jérôme Cucarollo est intervenu pour porter la position du groupe IES au sujet du plan d’aides à la préservation du patrimoine.
Vers un patrimoine durable
Le patrimoine isérois est un bien commun. Il appartient à ceux qui l’ont bâti, à ceux qui l’utilisent aujourd’hui, et à ceux qui en hériteront.
Nous saluons tout d’abord avec sincérité l’engagement constant du Département en faveur de la préservation du patrimoine. Sur dix années, ce sont 723 bâtiments que l’on a aidé. Parmi eux, nous ne pouvons pas ne pas citer la Tour Perret à Grenoble, œuvre pionnière du béton armé, inscrite aux Monuments historiques et candidate au patrimoine mondial de l’UNESCO, et qui retrouvera du public très prochainement.
La préservation du patrimoine est un regard nécessaire porté vers le passé mais également vers l’avenir. Ainsi, la conservation de notre histoire s’inscrit également dans la conservation de notre environnement. C’est pourquoi nous invitons dès aujourd’hui le département à réfléchir à des critères incitatifs pour l’utilisation de matériaux biosourcés, locaux et de techniques traditionnelles à faible empreinte carbone dans le cadre de rénovation patrimoniale d’ampleur. L’Isère a toutes les raisons d’être précurseur sur ce sujet et nous appelons le Département à s’en saisir.
Certains points du rapport nous interrogent toutefois, notamment pour les petites communes. Dans un contexte d’inflation, les prix de certains matériaux comme le bois, le cuivre et les isolants ont augmenté de 20% à 40% depuis 2022. Aussi, le plafonnement des aides à hauteur de 20%, même avec la bonification liée à l’emploi de maîtres d’œuvre, laisse en pratique 72 % du budget à la charge des collectivités. Pour une commune de 400 habitants dont le clocher nécessite 150 000 euros de travaux, c’est souvent la différence entre un projet réalisé et un projet abandonné.
C’est avec ce constat globalement positif mais néanmoins vigilant que nous voterons en faveur de ce rapport.
