En Isère, la gestion des Espaces Naturels Sensibles (ENS) est aujourd’hui au cœur d’une polémique qui révèle une défiance croissante envers la science et les acteurs historiques de la protection de la biodiversité. Dans une lettre ouverte datée du 25 février 2026, Michel Basset, président du Conservatoire des Espaces Naturels (CEN) Isère, alerte sur une décision unilatérale et sans concertation : le retrait de la gestion des 14 sites ENS associatifs à son institution. Une mesure qui menace non seulement l’avenir du CEN, mais aussi l’équilibre écologique de l’Isère et l’expertise accumulée depuis 40 ans.

Le CEN Isère : 40 ans d’expertise scientifique ignorés
Fondé sur un conseil scientifique composé d’experts reconnus en conservation de la nature, le CEN Isère a toujours œuvré pour un partage raisonné des espaces naturels, en collaboration avec les 14 communes concernées. Pourtant, la majorité départementale a choisi de priver ces territoires de cette expertise, au mépris des réalités écologiques et des besoins locaux.
Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large de démantèlement des politiques environnementales en Isère, où la science cède la place à une écologie partisane, déconnectée des enjeux réels. Comme le souligne Isère Écologie Solidarité (IES), « refuser d’écouter la science est devenu une habitude pour la majorité départementale ».
Le retrait de la gestion au CEN n’est malheureusement pas un cas isolé. Depuis 2015, la majorité départementale mène une politique systématique de démantèlement des structures environnementales :
- 2015 : Suppression brutale des subventions à la Maison de la Nature et de l’Environnement de l’Isère (MNEI), une institution clé pour la sensibilisation et la protection de la biodiversité.
- 2023 : Condamnation à la liquidation de la MNEI, après des années de désengagement financier. Seule la mobilisation des salariés et bénévoles a permis à la structure de survivre.
- 2026 : Omission volontaire des pesticides et des pratiques agricoles intensives dans le dernier schéma départemental pour la biodiversité, alors que ces facteurs sont la première cause d’effondrement des espèces en France (source : IPBES).
L’écologie doit-elle être aux ordres idéologiques ?
Face à ces décisions politiques, le groupe Isère Écologie Solidarité (IES) pose une question fondamentale : « L’écologie doit-elle être soumise aux ordres idéologiques de la majorité départementale pour être financée ? »
Pour IES, la réponse est claire : non. La protection de la biodiversité et la gestion des espaces naturels doivent reposer sur des bases scientifiques, en concertation avec les acteurs locaux, les experts et les citoyens. Le retrait de la gestion au CEN n’est pas une simple réorganisation administrative : c’est une atteinte directe à la crédibilité des politiques environnementales en Isère.
Les 14 communes concernées risquent de perdre à la fois une expertise reconnue en gestion des milieux naturels, des projets concrets de préservation de la biodiversité, et la protection des écosystèmes.
À terme, cette décision pourrait aggraver la perte de biodiversité dans un département déjà fragilisé par les changements climatiques et les pressions agricoles et urbaines.
