BUDGET 2026 : Intervention de Thierry Badouard sur les routes

Les routes représentent un élément essentiel de la solidarité territoriale. Elles permettent en effet à chacun-e de circuler librement sur tout le territoire. Ainsi, le groupe Isère Ecologie et Solidarités soutient les projets de rénovation des ouvrages d’art que les services du Département mènent partout sur le territoire. À Condrieux, les travaux, gérés par le Département du Rhône, ont été lancés dans la précipitation et continuent encore de paralyser ce secteur.
Nous soutenons aussi les travaux de sécurisation des routes, notamment en montagne, où les chutes de blocs posent problème. Ces incidents sont en partie liés au dérèglement climatique d’origine humaine. Le projet de reconstruction du pont de Brignoud reçoit également notre soutien.
Concernant la RD1075, le Département a déjà engagé 27 M€, alors même que la première des dix sections prévues pour le dépassement ne sera réalisée qu’en 2026. La majorité départementale parle de sécurisation de la route, mais la création de créneaux de dépassement risque d’augmenter la vitesse et donc la gravité des accidents.
Sécurité routière et créneaux de dépassement
Le groupe Isère Écologie et Solidarités met au défi la majorité départementale de présenter des études montrant que ces créneaux améliorent réellement la sécurité. Le document de référence du Cerema sur les aménagements routiers indique que les « créneaux à trois voies », tels que prévus, présentent un « niveau de sécurité médiocre lié à la gravité des accidents ». Un intervalle inférieur à 4 km entre chaque créneau « ne peut que contribuer à dégrader la sécurité de l’axe ». Or, le projet prévoit des intervalles de 2 à 3 km.
L’argument de la sécurisation n’est pas sérieux. La vraie motivation se trouve dans les déclarations du vice-président du conseil départemental des Hautes-Alpes, Jean-Marie Bernard, qui affirmait le 27 octobre 2025 que la RD1075 ne peut être qualifiée de “point noir”. L’article précise : « Ce n’est pas une question de dangerosité ».
Objectifs réels du projet et impacts territoriaux
Le projet vise plutôt à faire passer plus de camions. Les travaux réalisés côté sud du col du Faux en témoignent. Les ponts sont rehaussés à Aspres-sur-Buëch et le passage sous le pont ferroviaire à Saint-Julien-en-Beauchêne a été raboté. Cela permet de respecter les normes pour un itinéraire européen. Comme le note le vice-président des Hautes-Alpes, tout cela est « en pleine cohérence avec le Département de l’Isère ».
En réalité, ce projet déleste l’A7 et crée un itinéraire européen pour les camions de 44 tonnes. Ces véhicules, du fait de leur poids, dégraderont plus rapidement la RD1075. Le territoire du Trièves n’en bénéficiera pas. Au contraire, les habitants verront passer de plus en plus de camions sur cet axe de transit européen. Les faits parlent d’eux-mêmes.
Les travaux de création des créneaux, qui aggravent les risques d’accidents, n’ont pas encore commencé. Pour la sécurité des Isérois et la préservation des finances du Département, le groupe Isère Écologie et Solidarités renouvelle sa demande de réviser le projet pour la RD1075. Nous demandons aussi la redirection des fonds vers des initiatives réellement bénéfiques au territoire du Trièves.
